AUTOHYPNOSE ET SANTÉ
INTRODUCTION
La plus grande découverte de ma génération est que les êtres humains, en changeant l’attitude intérieure de leur pensée, peuvent changer les aspects extérieurs de leur vie. (William James)
L’autohypnose comprend différentes techniques, utilisant divers moyens, en vue de modifier volontairement ses sentiments, pensées et représentations mentales, d’autosuggestions, afin d’atteindre des objectifs déterminés. Ainsi, elle peut influencer profondément le cours de la vie d’une personne. L’autohypnose est à notre portée, nous pouvons la développer par apprentissage.
L'autohypnose est en même temps : un état de conscience, une procédure d'induction de cet état, et un mode d'utilisation du cerveau. Elle consiste à se donner, dans certaines conditions, des autosuggestions, des instructions, orientées vers un but.
Une forme très utile d’autosuggestion est de suggérer un grand calme et une profonde relaxation physique et mentale. Données mentalement, avec les yeux fermés, ces autosuggestions s’avèrent efficaces pour soulager les tensions, le stress et les souffrances psychosomatiques.
Un autre type d’autosuggestions serait d’induire ce que l’on appelle la relaxation active : au cours de l’activité, le sujet se suggère d’être calme, à l’aise, insouciant, efficacement concentré sur l’activité en cours.
On peut aussi se suggérer des pensées de dynamisme, force, santé, énergie, éveil et conscience ; des incitations à apprécier les bonnes choses de la vie (un lever du soleil, le chant des oiseaux, les plantes, les enfants, la pluie…) et les miracles de notre existence (la vue, l’ouie, les sensations, la pensée, l’imagination, les rêves, la marche, la parole, la conscience…), à jouir des bons moments de la vie, le bonheur simple, le bien-être; les invitations à laisser apparaître ses sentiments de gentillesse, d’amour, de compassion…
On croit souvent que l’hypnose est quelque chose que l’on nous fait, et que l’on subit. L’hypnotiseur aurait un pouvoir que le client n’a pas. Mais la question est : qui fait quoi à qui ?
A notre époque, surtout en médecine, on considère souvent l’être humain comme un objet, soumis passivement au pouvoir médical. Dans ce cadre mental, les gens croient que l’hypnose est l’œuvre d’une personne douée de pouvoirs particuliers, qui prend le contrôle d’une autre personne, parfois même à l’insu de celle-ci. Cette vision est un mensonge pernicieux, d’autant plus qu’il est très répandu.
En fait, toute hypnose est de l’autohypnose. C’est le client qui fait le travail, tout seul ou avec l’aide de quelqu’un, à qui il offre sa collaboration… En hypnose, le client est invité à se prendre en charge, à développer son autonomie.
L’importance de l'autohypnose est de plus en plus reconnue. Elle est souvent utilisée en contexte psychothérapeutique, mais ses bienfaits s’étendent à bien d’autres domaines: l’éducation, le sport, les affaires … et même dans la spiritualité. Dans l’éducation, elle vise la maîtrise de certaines matières comme les maths, l’histoire, les langues, les sciences. Elle pourrait être utilisée davantage pour la maîtrise de soi et la meilleure conduite de sa vie. L’apprentissage du contrôle des pensées limitantes (" je ne peux pas, je suis incapable… ") et des suggestions positives, facilitantes, orientées vers l’objectif devraient faire partie du processus éducatif.
PRINCIPES :
FAUSSES CONCEPTIONS
Un mythe fréquent consiste à penser que la personne en état d’hypnose devient inconsciente de tout. C’est rarement le cas : en hypnose, le sujet ne perd pas conscience : il reste conscient et en rapport avec l’hypnotiseur. Son attention est focalisée vers l’univers intérieur, en résonance avec les paroles du conducteur.
Une autre vision erronée consiste à penser que dans la transe hypnotique le sujet entre dans une sorte de sommeil profond. En fait, même si autrefois les hypnotiseurs induisaient l’état de transe en suggérant le sommeil, on sait aujourd’hui que l’hypnose n’est pas une forme de sommeil. Les EEG de l’hypnose sont différents de ceux du sommeil, et même de ceux du sommeil REM. Ils sont identiques à ceux d’une personne en état de relaxation.
Le mythe de la passivité est également très répandu. La réalité est autre : vous n’êtes pas une marionnette passive sous l’emprise de l’hypnotiseur. Vous restez maître de vos actes, et vous collaborez avec le praticien. Vous acceptez ses consignes si elles ne contredisent pas à vos valeurs et à vos convictions. En fait, comme nous le disions plus haut, toute hypnose c’est de l’autohypnose.
4. Elle supposerait un esprit faible
Pour d’autres, une condition de l’hypnose serait la crédulité du sujet. Celui-ci serait quelqu’un d’un peu naïf, suggestionnable, un esprit simple. En réalité, il n’existe pas de corrélation entre caractère influençable et hypnotisabilité, bien que généralement un certain niveau d’intelligence facilite le travail. Plus la personne est intelligente, imaginative, créative, plus elle semble pouvoir bénéficier de l’hypnose…
5. L’hypnose suppose un don particulier.
Le praticien de l’hypnose n’est pas un être à part. Il n’a aucun don surnaturel, mais des compétences acquises, développées par l’étude et la pratique. La pratique de l’hypnose est accessible à une vaste majorité des humains. Il est vrai qu’il existe différents degrés d’hypnose, qui dépendent des capacités personnelles de concentration mentale et de visualisation. Seul un ou deux sujets sur dix ont la capacité de se concentrer facilement au point de pouvoir être opérés sans anesthésie. Mais tout être humain (ou presque) peut atteindre un niveau de concentration suffisant à la pratique utile de l’hypnose.
6. Elle développe des pouvoirs paranormaux.
Pour certains, l’hypnose serait quelque chose de paranormal, appartenant au monde occulte, de la voyance et des pouvoirs extraordinaires. La réalité est différente : les effets de l’hypnose sont très variables et pour la plupart, ils se réalisent de façon très discrète et progressive. L’extraordinaire existe mais ils reste exceptionnel.
L’hypnose favorise une meilleure relation à l’environnement, une meilleure perception et par ce biais un meilleur accueil des possibilités que l’environnement vous présente. L’hypnose favorise le développement de capacités naturelles à l’être humain.
Dans la même foulée, on ne peut pas affirmer que l’hypnose permet de tout guérir. Certes, l’hypnose peut aider à résoudre des conflits psychiques qui se trouvent à la base des maladies somatiques ; elle peut activer l’action du système immunitaire et influencer la physiologie. Par ces biais, elle peut contribuer au processus de guérison. Comme pour la prière (dont l’autohypnose n’est pas exclue), on peut dire que les " miracles " existent. En aucun cas, elle ne se substitue aux traitements médicaux.
7. Le mythe de la dépendance.
L'hypnose développe-t-elle une dépendance exagéré vis-à-vis de l'hypnotiseur" ?
Toute forme de thérapie peut développer une dépendance. Mais plus elle est longue, plus elle dure, plus cette dépendance risquera d'être grande. Les traitements hypnotiques n’en constituent pas une exception. Les praticiens de l’hypnose clinique cherchent souvent explicitement à développer l’autonomie du sujet. Celui-ci apprend la pratique de l’autohypnose, ce qui lui permet de se prendre en charge le plus rapidement possible.
QU'EST-CE QUE L'AUTO-HYPNOSE?
"Avant, je me demandais ce qu'est l'hypnose. Maintenant je me demande ce qui n'est pas de l'hypnose, tant la communication humaine me paraît universellement sous-tendue par l'hypnose" (Richard Bandler)
Le terme hypnotisme fut introduit en 1843 par le Dr. BRAID, qui le définit comme "un état particulier du système nerveux déterminé par des manœuvres artificielles". Le terme d'hypnose ne fut créé qu'en 1873. Actuellement il désigne l'état de transe, tandis que le terme hypnotisme s'applique aux moyens d'induction.
Selon Le Petit Robert (Edition 1993) l’hypnose est (1) " Etat voisin du sommeil, provoqué par des manœuvres de suggestion, des actions physiques ou mécaniques, ou par des médicaments hypnotiques. " (2) (par analogie) " Etat d'engourdissement ou d'abolition de la volonté, rappelant l'hypnose. "
Hypnotisme: (1) Ensemble des phénomènes caractérisant le sommeil artificiel provoqué. (2) Ensemble de procédés mis en œuvre pour provoquer un état d'hypnose, comportant essentiellement des mécanismes de suggestion. (3) Science qui traite des phénomènes hypnotiques.
Pour l’American Medical Association (AMA) : l’hypnose est un "état temporaire d'attention modifiée dans lequel différents phénomènes peuvent se présenter spontanément ou se manifester en réponse à des stimuli verbaux ou autres.
Richard Bandler affirme: "L'hypnose n'est pas un processus de prise de contrôle. C'est un processus par lequel on donne aux gens le contrôle d'eux-mêmes en leur fournissant un feed-back qu'il n'auraient pas encore".
Pour la British Medical Association (1955) : l’hypnose est un "état passager d'attention modifiée chez le sujet, état qui peut être produit par une autre personne et dans lequel divers phénomènes peuvent apparaître spontanément ou en réponse à des stimuli verbaux ou autres. Ces phénomènes comprennent un changement dans la conscience et la mémoire, une susceptibilité accrue à la suggestion et l'apparition chez le sujet de réponses et d'idées qui ne lui sont pas familières dans son état d'esprit habituel. En outre, des phénomènes comme l'anesthésie, la paralysie, la rigidité musculaire et des modifications vasomotrices peuvent être, dans l'état hypnotique, produits et supprimés"
Dans la perspective éricksonienne, la transe est un processus instable, complexe. On ne peut pas simplement considérer que le sujet est ou n'est pas objectivement en état de transe. "Il évolue [...] dans un processus [...] relationnel où il expérimente subjectivement, avec une certaine instabilité et labilité, des phénomènes qui relèvent de cet état".
On peut décrire l’hypnose comme un état de conscience modifié par une focalisation de l’attention (monoïdéisme), un état obtenu par un recueillement profond accompagné d’une détente des sens. On parle alors d’état de transe, d’état d’hypnose ou d’état modifié de conscience.
Ces états sont des phénomènes naturels entraînant une dépotentialisation du cerveau gauche, une activation du cerveau droit, qui s’accompagnent généralement de phénomènes neuromusculaires et neurovégétatifs. Cette focalisation de l’attention consiste à s’abandonner à une image, s’en imprégner, en y entrant totalement au moyen de l’imagination. L’activation émotionnelle qui accompagne cet état constitue un facteur important de sa puissance et de son efficacité.
" L’hypnotisme est fort semblable à l’électricité : personne ne sait au juste ce que c’est, mais tout le monde l’utilise. Certainement, il est question d’énergie."
LES FAITS
BENEFICES DE L'AUTO-HYPNOSE
RISQUES
Les effets de l’autohypnose résultent de l’interaction entre le conscient et l’inconscient. Dans l’inconscient, vous reconnaissez la présence de dimensions différentes.
Au-delà d’un l’inconscient personnel, il existe un inconscient collectif, un univers spirituel auquel tout être est relié. Dans cet univers, l’influence réciproque est variable, bénéfique ou maléfique.
Pratiquée correctement, l’hypnose et l’autohypnose ne présentent aucun risque. A mon avis, l’autohypnose puise sa force dans les mêmes sources que la prière. Il convient, cependant, d’apprendre à se familiariser avec les processus d’interaction avec l’inconscient. Et cela nécessite souvent un entraînement accompagné.
COMMENT PRATIQUER
Commencez par faire comme si vous étiez hypnotisé, en train d’expérimenter les choses suggérées. Vous savez que vous ne pourrez pas le faire par force, mais plutôt en vous laissant aller, comme un enfant qui joue à faire semblant… Vous faites comme si c’était vrai, comme si vraiment vous teniez un ballon d’hélium dans votre main… et que vous pouviez le voir. Bientôt vous deviendrez simple spectateur, comme si cela se passait vraiment devant vos yeux, et alors vous saurez que vous êtes vraiment en hypnose…
Chacun de nous fait l’expérience de l’hypnose à sa façon. Beaucoup disent avoir des difficultés à imaginer et certains affirment même n’avoir aucune imagination. D’autres se plaignent que leurs images sont trop floues, et qu’ils n’arrivent pas à " voir " mentalement.
Nous sommes tous différents. Certains sont très forts pour la visualisation d’images, d’autres pour sentir, d’autres pour entendre ou pour faire des expériences sensorielles diverses. Certains, finalement se disent qu’ils peuvent vivre telle chose, et font comme s’ils le croyaient…
Si vous commencez par ce qui vous est accessible, en vous entraînant régulièrement, vous obtiendrez bientôt des résultats satisfaisants. L’autohypnose est comme la prière : l’important est de pratiquer et chacun peut le faire à sa façon. Toutes les façons sont bonnes. La pratique engendre le progrès.
Pour faciliter l’amorçage du processus, vous pouvez ajouter le mouvement. Si vous imaginez que vous pelez une orange, faites-en les mouvements avec vos mains…
Et si cela vous convient, combinez autohypnose (ou prière) et exercice physique (danse, course, travail manuel…).
COMMENT SE FORMER ?
Il convient de suivre un entraînement spécifique à la pratique de l’autohypnose. SENSUS International propose des stages pratiques de différents niveaux :
RENSEIGNEMENTS :
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